Le site fait désormais partie d’un ensemble urbanisé mais il faut se l’imaginer aux origines dans un tout autre environnement, implanté sur le versant Est du Mont Canisy, dont les carrières (calcaire récifal) ont fourni une très belle pierre encore visible dans les plus belles demeures de la Côte Fleurie. Tout l’espace de la Vallée se confond alors avec un paysage de marais et de garennes.
Mais alors, pourquoi avoir choisi cet emplacement précis, à flanc de coteau, pour édifier un prieuré ? La présence de l’eau livre une partie de la réponse avec la proximité de deux sources aux vertus curatives bien connues. Elles avaient été l’objet d’un culte primitif, une église chrétienne y fut élevée. N’allons pas trop vite, nous reparlerons tout à l’heure des sources !
La situation politique s’avère elle aussi particulièrement favorable puisque deux des moines clunisiens fondateurs de Saint-Arnoult de Touques sont originaires de Touques et, aussi paradoxal que cela puisse paraître semblent avoir eu à coeur de défendre auprès d’un proche du Roi de France, le Comte de Monlhéry, l’installation en ces lieux, au coeur du Duché de Normandie, d’un prieuré placé sous son égide.
L’ensemble architectural apparaît au premier coup d’oeil classique et homogène : les ruines de l’église paroissiale, la tour du clocher et la chapelle prieurale établie sur sa crypte. L’examen plus attentif que nous allons en faire ensemble révèle une histoire bien plus complexe qui se déroule du IXe au XVIIIe siècles. Procédons par ordre et dirigeons-nous à présent sur notre droite, vers l’Ouest, pour examiner le pignon.


