Nous voici parvenus dans les ruines de l’église. La nudité des pierres recèle bien des trésors et rend magnifiquement compte des différentes époques de construction, entre roman et gothique. Elles en disent également long sur ce que pouvait être Saint-Arnoult du temps de sa splendeur ! Plongeons-nous dans son passé. Il est riche et son récit est dense. Vous êtes prêts ?
Moizin – intérieur de la chapelle
Le début de l’époque gothique vient se greffer sur les structures romanes toujours visibles de l’édifice. Observez bien la porte par laquelle vous venez d’entrer, sur votre droite, le montant vertical en est une marque. Le seuil a pu être retrouvé. Les deux ouvertures disposées sur ce mur ont été remaniées aux XV-XVIe siècles.
Tournons-nous maintenant sur notre droite et considérons le pignon Ouest où nous nous trouvions au début de la visite : remarquez son inclinaison ! Nous retrouvons les arêtes de poisson dans leur vocation de chaînage, plus lisibles qu’à l’extérieur. Lors des travaux de cristallisation, le gîte de ce pignon suscitait beaucoup d’inquiétude. Des mesures techniques très novatrices furent employées pour le sécuriser.
Au Nord, la chapelle latérale du XIVe siècle révèle l’introduction de modifications gothiques. Efforcez-vous d’en retrouver les emplacements des deux autels secondaires. Un indice ? Les pierres d’insertion dans le mur. Vous avez besoin d’un peu d’aide ? Les deux fenêtres ! Bravo ! Vous venez de retrouver l’emplacement de l’ancienne chapelle de la Vierge. Allez voir son retable dans l’église de Tourgéville… mais ne quittez pas les ruines de l’église sans avoir admiré les quatre magnifiques consoles conservées et par la fenêtre la vue imprenable sur toute la vallée et sur le château de Guillaume le Conquérant. Et puis, si vous êtes encore curieux, il nous reste encore beaucoup à dire !
Château de Guillaume le Conquérant à Bonneville
Au XVe siècle, on achève d’abattre le mur roman de la nef pour établir un déambulatoire. Les pierres au sol sont des éléments ayant appartenu à sa couverture en terrasse. Les sources témoignent qu’au mur roman abattu furent substituées deux arcades plein cintre et colonnes.
Effectuez encore un demi-tour sur vous-même : se dévoile le chœur de l’église paroissiale. Ce chœur est délimité au Nord par un mur roman du XIe siècle et au Sud par la tour du clocher. Sous nos pieds, dans les ruines de l’église, on a recensé 120 inhumations entre 1693 et 1776. Au fond, les deux grandes portes rouges donnent accès à la chapelle prieurale selon une transition moderne du milieu du XIXe siècle.
Sur le mur droit du chœur, on accède à la tour du clocher, édifice dit hors d’oeuvre (comme une cheminée médiévale). Vous n’aurez pas le loisir de la visiter. Plusieurs niveaux se superposent : Xe-XIe, XIIe, XVIIe-XVIIIe. Le campanile était disposé pour deux cloches, descendues à la Révolution. L’une à coup sûr fut fondue, l’autre serait quelque part… à Lisieux ! Adèle-Désirée fut baptisée en 1849. Après 20 ans d’absence, un nouveau coq a été offert en 2011 par la municipalité.
Faisons quelques pas pour gagner la crypte. Baissez bien la tête et surtout attention à ne pas dévaler les marches !


