Nous sommes frappés d’emblée par le relief très accidenté du terrain. Le décaissement a été comblé dans les années 1840 sur plus deux mètres, ce qu’attestent les images d’archives. Les trois-quarts du pignon appartiennent donc à l’église primitive ! Ainsi, faut-il se représenter l’empreinte de la toiture du porche. Observez bien le dessin du mur, ne reconnaissez-vous pas la trace d’un porche ? Il pourrait avoir été destiné à la palabre comme le laissent entendre les sources ?

Vue ancienne

Observons encore un instant le mur. On note un dessin particulier formé par les pierres : il s’agit d’un appareillage dit “en arête de poisson” (Opus Spicatum). Ce procédé, comme technique de chaînage, visait à solidifier l’ensemble, c’est en quelque sorte l’ancêtre du béton armé. Nous le distinguerons mieux à l’intérieur des ruines.

Des travaux de sondage menés en 2010-2011 attestent un premier quart préroman notifié par des joints de couleur plus foncée et une extension gothique. La présence relevée de deux sépultures à des endroits différents laisse à penser qu’elles sont en réalité bien plus nombreuses.

Fermez les yeux. Imaginez-vous en haut de l’escalier. Vous pourrez distinguer au loin le château ducal de Bonneville-sur-Touques, l’église Saint-Pierre de Touques et la“Vieille Touque” qui coule au pied de la chapelle… Dans notre dos, s’élevait au XVIIe siècle le magnifique château du Marquis de Lassay, seigneur du lieu.